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AV venus bar E.P (POLICE records) [par Havoc - mai 2013]

La première impression en voyant le clip « venus bar » de AV aka ADRIEN VIOT a été de m’interroger sur l’intérêt d’un énième chanteur à textes electro pop dans le paysage français déjà bien encombré par LESCOP ou YAN WAGNER pour les plus connus et POSITION PARALLELE, SINDROME et VISION FANTOM pour les plus confidentiels. Et puis après une courte discussion avec le patron de son label français Police records (aka Fred Gien transfuge de Citizen qui a ressorti une version augmentée de remixes d’un premier maxi vinyle publié chez Desire) j’ai fini par écouter cet EP « Venus Bar » et j’en suis tombé amoureux.

Il faut dire que comme beaucoup de types de ma génération eighties j’ai toujours eu un faible pour les voix graves ou maniérées façon TAXI GIRL ou ETIENNE DAHO et surtout pour les textes bien écrits et vécus à la BASHUNG. Et de « venus bar » à « mort à vegas » en passant par « zombies » et « autostrada » (écrit par Lescop à qui Adrien a donné Tokyo La Nuit) Adrien nous chante l’errance nocturne, les amours tarifées, l’alcool, les désirs sous les néons livides, le revers du mythe américain, la vitesse façon DRIVE le film.

Entre production electro clash de grande qualité, les séquences profondes et les synthés froids très 80 appuient des rythmiques efficaces et des guitares incisives qui vous prennent par surprise. Le saxophone de Renaud-Gabriel Pion (Björk, Gavin Friday, Anthony and the Johnsons) apporte ses stridences épileptiques par moments.

La majorité des morceaux sont aussi efficaces en club qu’à la maison entre deux verres de vodka glacée et une ligne de coke sur le coin de la table. Classieux, extatiques, tubesques, les remixes de JUVENILES et PYRAMID étendent l’univers des possibles au-delà des pistes sous extasy. Ayant vécu à Manchester le jeune Adrien a intégré l’âme cold wave de la ville, en a ramené ce spleen à Paris dans ses couplets magnétiques.

La voix, assurée, parfaite, sans effets bidons et bavardages inutiles, va à l’essentiel, vous prend au cœur et vous réduit en esclavage. Un jeune artiste avec une belle gueule qui séduira autant les filles qui lovent les filles ou les garçons qui aiment les garçons. Ici pas de place à la vulgarité ou aux effets de manche faciles des vieux ersatz new wave qui peuplent cette scène sans originalité. Le seul bémol, parce qu’il en faut bien un, c’est la version féminine de « venus bar » qui clôt ce beau maxi et qui n’apporte rien si ce n’est un côté Nouvelle Vague que je déteste.

AV n’en est qu’au début de sa carrière, gageons que la presse indé ne va pas tarder à en faire la prochaine sensation du mois, j’espère qu’il saura prendre la tangente et sortir de la route toute tracée de ce revival french new wave du XXI eme siècle. Vivement conseillé en attendant l’album en 2014.

Pedro aka Havoc