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Black Sun Productions - Once in a full moon [par Amadeo - octobre 2006]

On doit à Cioran le très juste aphorisme "toutes les eaux sont couleur de noyade", ce à quoi l’hydre à deux queues BLACK SUN PRODUCTIONS répond par Once In A Full Moon, un disque profondément hanté, d’une lucidité extrême, fabuleux. S’ouvrant sur de graves fredonnements de sirènes couillues, les vagues glaciales de synthés métalliques ne tardent pas à venir s’échouer contre ces falaises de mantras, érodées par le temps et le sel. Roulements de galets et clochettes tintées aléatoirement s’entrechoquent pour ajouter à la dimension rituelle de cet hymne lunaire. Des lèvres de Massimo perle alors le sperme des métaux, tragique et sinistre malgré le masque décalé d’un latin de cuisine, et dès que des rythmes plus évidents surgissent de ce magma d’angoisses c’est parti pour une demi-heure de transe et de lévitation ; un voyage (en) astral dont il est douloureux de revenir - meurtri dans la chair, l’âme en peine s’acharnant à recréer mentalement ces volutes sonores hypnotiques. De vagues rapprochements peuvent s’établir entre "once in a full moon" et les musiques à écouter dans l’obscurité de COIL (plus particulièrement "the dreamer is still asleep"), certaines toiles de Friedrich, l’appropriation d’un environnement concret confronté aux traitements électroniques d’Akifumi Nakajima (la série liquide d’AUBE), les analemorphoses de Cocteau, ou encore la plage d’Ostia by night... Bref, la cartographie de la lune se voit ici enrichie d’une Mer d’Intranquillité, et pourtant c’est un sentiment d’ivresse, de vide et de bien-être que l’on ressent à son écoute. Tout comme "johnny over the sea (drowned version)" qui traduit le mystère du tableau "Depths of the Sea" du préraphaélite Burne-Jones : l’étrange figure attire-t-elle l’homme vers le fond marin ou tente-t-elle au contraire de le hisser à la surface ? Une ambiguité que savent habilement manier Massimo & Pierce pour cette symphonie incantatoire que l’on souhaiterait entendre sous mer - juste avant de fermer les yeux et d’expirer l’air cancérisant les poumons... Petite, douce, violente, la mort hante les plages de The Impossibility Of Silence, une oeuvre à la géométrie complexe et misant sur un équilibre propre à l’Hermes Trimégiste. Le seul souci avec les double-album étant de maintenir l’attention de l’auditeur d’un bout à l’autre - même ceux qui fricotent le plus avec la perfection n’échappent pas à quelques bâillements (Torment & Toreros, Thunder Perfect Mind, Musick to Play in the Dark, Soundtracks for the Blind, Strategies Against Architecture II...). On ne s’étonnera donc^pas de considérer quelques unes des perles ici présentées comme anecdotiques. Mis à part ce léger bémol, BSP injecte là tout son savoir-faire, alternant plages damnambiant ("backbone"), bossanova futuriste ("a tree now"), torch songs ("ov silence"), industriel old-school ("yorkshire hills"), hell-ectronica ("solar lounge")... En tout 23 morceaux, le plus souvent consistants. Tout aussi copieuse, la liste des invités évoque avec nostalgie les rapports incestueux que pouvaient entretenir les poulains de l’écurie Some Bizarre : (par ordre d’apparition) le regretté John Balance, Sudden Infant, Val Denham, Testing Vault, Lydia Lunch, Sonne Hagal. Excusez du peu !

URL : http://www.anarcocks.com/
Label : Anarcocks
Artiste(s) : Black Sun Productions

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