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Evénements

Buzz - Buzz Blitz Club Vol.1 : Dancefloor De La Mort [par Cypher - juillet 2009]

Une ressucitation. Que dis-je : une renaissance.

On savait que Buzz, célèbre représentant de la French New Wave de la seconde moitié des années 1980, avait repris du service en 2006, après que Jean Christophe Van Thienen, fondateur et membre permanent de la formation, a décidé, comme Alain Seghir (Martin Dupont), que si la réussite et l’accomplissement professionnels étaient une chose, la musique en était souvent une autre, et que l’homme peut difficilement aller au bout de la césure artistique et de l’apostasie sensorielle procurée par la pratique de la musique... croyez-moi, j’en sais quelque chose.

J’avais manqué Les Musiques Nouvelles et Minimal & Electronique, alors celui-là, je n’allais pas le manquer.

Comment vous le décrire...

Déjà par les invités qui ont remixé les titres buzzesques : People Theatre, HIV+, Implant, Signal Août 42 et Millimetric pour n’en citer que quelques uns.

Autodérision est le maître mot de cet album ; parlons plutôt d’autocompilation, joignant l’utile à l’agréable, le vintage au moderne, la génération actuelle et son aïeule, le tout dans une ambiance festive, détendue de l’Electro Body Mobile, gorgée de sueur, de pompes et de clashes tellement propre au Nord de la France, avec un filigrane ancré définitivement dans l’ère Front 242, période Tyrrany For You, absente de toute pleurnicherie faussement mélancolique, mêlant coliques auditives frénétiques et rythmes méphistophéliens à vous emmener carburer, enrichir et revêtir tout au long de la nuit electro/statique.

... suite de l’épisode précédent...

1984. Terence a retrouvé le nord. Avec Déborah, sa désormais moitié rencontrée, on s’en souvient, chez Rough Trade Records, il traverse l’Europe à la recherche de paradis perdus, de train en train, de squat en squat. Un soir, tous deux s’engoufrent dans une salle d’art et d’essai lilloise, pour assister à une projection de Portier De Nuit, le film de Liliana Cavani, remis à l’affiche ce soir-là. Il pleut et c’est soit saisir cette opportunité, soit se trouver un coin tranquille dans la gare de Lille Flandres pour passer la nuit. Ils n’ont plus un sou mais s’aiment comme au jour de leur coup de foudre londonien, quatre ans auparavant.
Terence ne peut s’empêcher de laisser Déborah marcher quelques pas plus loin, en particulier vers l’ouest, simplement pour avoir le plaisir d’admirer sa silhouette en contre-jour, ses tempes rasées, le mouvement de sa queue de cheval, le balancier de ses fines hanches adolescentes, et jouir du cliquetis des boucles de son perfecto suranné et des ses rangers piquées quelques années plus tôt à son père, ancien major de l’Armée de sa Grâcieuse Majesté, instructeur de Gurkhas, et estropié à Borneo dans les années 60 à cause d’un erreur de bombardement à l’Agent Orange de la guérilla maoïste... Décédé quand Déborah avait 10 ans, il n’en avait plus besoin... alors moyennant quelques chaussettes, les unes sur les autres, elles emmèneraient Déborah jusqu’au bout du monde s’il le fallait, car il fallait fuir cette mère impuissante et ce beau-père aux joues rouges et aux mains décidément trop baladeuses...

Chacun fasciné par les protagonistes de la pellicule, ils devisent, en silence, sur le jeu sado-masochiste des deux rôles principaux, sur la soumission extrême... Déborah s’identifie complètement à Lucia... Terence lui dit, qu’elle ne devrait pas. Mais la scène où elle chante seins nus et mains gantées les trouble définitivement..., une ceinture se défait, un collant-résille craque doucement à l’entrejambe, de la cyprine et du liquide séminal coulent sur les fauteuils en skaï, des doigts s’insinuent, les respirations deviennent de plus en plus profondes, les gestes sont toujours aussi candides et maladroits... ils se désirent ardemment...

...et ils doivent s’en remettre...

Alors, après le générique, au hasard d’une rue, ils entrent dans un club où les rythmes robotiques les attirent. Ils ne sont pas dans leur monde, mais ils s’y sentent bien. Les clients sont plutôt crâne rasé, marcel et bretelles, mais, non, ce n’est pas du ska ou du reggae, ni même Sham 69 qu’on y passe mais Absolute Body Control, Front 242, Borghesia et The Neon Judgment... des sonorités résolument nouvelles pour nos corvidés tellement habitués au trio habituel basse/batterie/guitare...
Percussions froides, chant tantôt mortuaire, tantôt énergique, l’ambiance s’avère des plus grisante et désinhibe le couple qui se met alors à rejoindre la piste de danse, et, à sa manière, communie avec les athlètes électroniques se désarticulant devant les hauts-parleurs.

Ils ont été initiés.

Ils ont élargi leur spectre sonore.

Ils ont ajouté une couche supplémentaire aux strates de leurs cultures musicales.

Ils vont la sédimenter à satiété.

Demain ils repartiront à Berlin.

Dans deux ans ils, ils danseront à Pripiat dans les radiations.

Dans 7 ans, ils serreront enfin Vladimir Maïakowski dans leurs bras. Car sans doute ils seront morts ; le canot de leur amour se sera fracassé contre la vie, comme eut dit le poète futuriste russe.

URL : http://www.myspace.com/buzzbiz
Label : Autoprod
Artiste(s) : Buzz

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