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Collection d’Arnell-Andréa Cirses Des Champs (2010) et Vernes-Monde(2011) [par le chiffre - mars 2011]

Le 9ème album de la formation orléanaise nous comble une nouvelle fois de ses plus beaux atours heavenly pop wave, sur le label nantais Prikosnovénie, et nous invite donc à naviguer du Loiret jusqu’à la Loire Atlantique, suivant à la fois la direction du large et le retour à la source. En effet cette nouvelle sortie s’était accompagnée l’an dernier d’une réédition de l’album de 1996, Cirses Des Champs, l’un des grands succès de l’orchestre de chambre de décompression bucolique de Jean-Christophe d’Arnell et de Chloé Saint-Liphard, et la mise en abyme de l’oeuvre passée actualisée dans l’oeuvre naissante nous paraissait la mode d’action le plus approprié pour inscrire la paternité de l’une dans la légitimité de l’autre, l’âcreté primesautière de l’une dans la sagesse expérimentée de l’autre.

Le philosophe Gaston Bachelard, s’il avait pu connaître Collection d’Arnell-Andréa, aurait interagi avec elle de la manière suivante : « La rêverie a quatre domaines, quatre pointes par lesquelles elle s’élance dans l’espace infini. Pour forcer le secret d’un vrai poète [...], un mot suffit : « Dis-moi quel est ton fantôme ? Est-ce le gnome, la salamandre, l’ondine ou la sylphide ? ». Collection d’Arnell-Andréa ne l’a jamais vraiment choisi. Déjà en enchassant français et anglais dans ses textes, guitares électriques et acoustiques, l’ensemble témoigne de cette douce hésitation, que Chloé Saint-Liphard véhicule en elle depuis toujours dans son chant au fil du temps arrive à onduler farouchement mais paisiblement entre ces quatre figures de la poétique, indiscibles frivolements d’ébats émotifs pastoraux, portés par le linceul des instruments à cordes si sévères mais tellement indispensables à l’ancrage majeur des stances Arnello-Andréennes dans une sagacité paysagère suspendue entre deux néants.

Néant, infinie plénitude que le quatuor nous sert en 1996 et ressert en 2010/2011 tant en revisitant son futur antérieur que son passé composé. A l’appel à la noirceur parfois acrimoniaque de Cirses des Champs, Vernes-Monde répond par l’assurance susurrée d’un crépuscule certain que le jour se lèvera à nouveau le lendemain, dans une aurore de rosée blanchie comme on peut le voir, et donc l’entendre "La Beauce, l’Errance" sur le dernier opus, et ses innombrables végétaux mise à profit dans son vénérable prédécesseur.

Il y a donc une véritable continuité dans le travail de Collection d’Arnell-Andréa, dont la constance et le raffinement ne sont plus à démontrer depuis fort longtemps. La réédition des albums passés et l’espérance d’une collaboration durable avec Prikosnovénie abondent largement dans ce sens et offrent à la jeune génération une découverte et à son aînée une redécouverte du plus bel effet, qu’il convient d’encourager vivement. Et, pour tout un chacun, fredonner intérieurement les mélodies lancinantes sur chaque chemin de terre bordé d’herbes hautes à la mi-saison sous un ciel de traîne et dans le bruissement du vent dans les feuillages alentour...

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Label : Prikosnovénie

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