• Tu veux rencontrer des gens, te faire des amis, 3615 ma life
    C'est par ici >>
  • Vous souhaitez annoncer une soirée, un événements
    C'est par ici >>
  • Vous souhaitez nous faire parvenir une démo
    c'est par ici >>
  • Axess Code
    2 impasse des bartavelles,
    lot n°3,
    les cressantines,
    34920 le cres- France

Evénements

DAFT PUNK Random Access Memories [par Havoc - mai 2013]

Après l’une des campagnes de marketing viral les plus impressionnantes de l’année, le nouvel album des DAFT PUNK est enfin dispo en streaming sur Itunes ou leaké sur le web. Rien jusqu’ici n’aura filtré de ces cadors de la house à part une mise en bouche « get lucky » aussi putassière et racoleuse que le riff de Carlos Alomar sur le « fame » de Bowie.

Jusqu’au lundi 13 mai on ne savait pas, maintenant on sait, et une certaine idée que les esthètes se font de la musique n’en sortira pas gagnante.

Après deux écoutes attentives, je n’ai retenu que deux ou trois titres dignes de la carrière passée du groupe (« giorgio by moroder », « beyond » et « contact ») malheureusement noyés dans un brouet infâme de jazz funky/disco rock progressif aussi indigeste qu’avilissant.

Jamais la soupe n’avait eu aussi mauvais goût.

Bien sur la virtuosité est là, avec des musiciens qui ont bossé avec Michael Jackson, la présence envahissante de Nile Rodgers de Chic, celui là même qui a produit le pire album de David Bowie « let’s dance, et l’imbitable Pharell Williams qui est au rap ce que Freddy Mercury est au black métal. Avec tout ce beau monde et l’immense Giorgio Moroder en caution disco légendaire les deux robots ont accouché d’un disque loin, très loin, de toute forme de sobriété et de modestie.

Cette direction prise par les ténors de la musique électronique est symptomatique du complexe de non-musicien qui semble ravager les égos de certaines figures de l’electro made in France. Ils veulent tous faire comme les « grands », sauf qu’à trop vouloir conceptualiser la musique et transformer tout et rien en marketing ils ont oublié l’essentiel : le talent.

De Justice à Daft Punk, les voilà tous à vouloir imposer à un public paumé un improbable retour en grâce de la pire musique qui soit de l’histoire de l’humanité : le rock progressif de Yes, Marillion et Genesis pour les uns et la funky dégoulinante de Chic, Roger Troutman/Zapp, Kool & The Gang, pour les autres.

Soyons honnêtes, de telles influences, c’est pas très ragoutant. N’importe qui d’autre que les DAFT PUNK aurait pondu ce disque et il se serait fait torpiller par la presse musicale. Et le plus triste de ce pathétique revival funky/slow 70’s c’est que les responsables ne sont autres que les soi-disant représentants de la techno française.

Déjà avec « discovery » ils nous avaient fait le coup du revival Wham, Deep Purple, Modern Talking, Rondo Veneziano, autrement dit le pire des années 80 et moins si affinités. Mais là avec « Random Access Memories » c’est un cran au dessus niveau infamie.

En presque 20 ans les DAFT PUNK sont devenus des mythes vivants de l’histoire de la musique, malgré les malentendus de leurs débuts chez Soma, malgré les tonnes de samples et de plagiats des années plus tard, malgré le foutage de gueule de leur look robot qui est un pur mash up de Krafwerk et des Résidents. Ils sont devenus invisibles et intouchables jusqu’à finir par copuler avec Mickey Mouse pour accoucher de la musique originale du film Tron II. Un pur navet, même si j’avoue avoir aimé une partie de la BO.

Et voilà qu’aujourd’hui après avoir changé la face de la house et de la techno pour les masses, après avoir conquis des millions de personnes avec leurs excellents concerts d’Illuminati Techno voilà qu’ils se vautrent dans le funky chic régressif, avec des rimshots de slows de Michel Torr, des caisses claires Sacrée Soirée, des batteries aussi clinquantes que leurs masques, mais super pourries quand même, de l’autotune rutilant à faire vomir Rihanna et des compos pétries de bons sentiments, consensuelles au possible, vides de toute originalité, loin de toute modernité.

De la musique pour requins de studio, creux et gavés de dollars.

Avec en sus le sentiment de vivre avec ce disque un rejet absolu de tout ce qui a été fait de puissant, de pertinent et d’original ces 40 dernières en musique.

Des gens sont morts pour défendre la cause rock en général, beaucoup trop jeunes pour la plupart, et les DAFT PUNK eux arrivent les pieds dans le plat avec leurs potes banquiers et leurs copains milliardaires pour essayer de dire quoi à cette jeunesse sans futur ??

Écoutez Kanye West, habillez vous en Prada, achetez vous des guitares à paillettes et des perruques à la Georges Clinton ???

C’est ça le message ?

On est bien loin de LFO ou des Masters At Work.

RAM est une ineptie, une incongruité sonore, un retour en arrière de 40 ans, avec en plus la morgue et le cynisme qui suinte de leurs dernières interview. Arguer qu’ils jouent avec les limites du mauvais goût et du bon goût c’est limite comme concept artistique.

Mais c’est l’époque qui veut ça.

Finalement Nabila et Daft Punk, même combat.

Pour moins que ça les Stooges, les Sex Pistols, Nirvana ou les Spiral Tribe ont fait exploser les ventres adipeux du rock institutionnel et de la musique formatée FM pour ménagères sous xanax. Ici à part vendre du patchouli de chez Guerlain et des bagnoles de luxe je ne vois pas trop ce que ce disque va apporter à la musique du XXIeme siècle.

Et malgré cette immense déception et cette colère qu’on sent déjà poindre chez tous les fans de musique électronique je ne peux m’empêcher de rêver qu’elle autre direction aurait pu prendre ce disque si tous les titres avaient eu la même perfection disco que le morceau « giorgio by moroder » ou "contact" ce rip off non avoué de la BO de TRON.

Le track avec Moroder est d’une générosité non feinte, nappé de synthés intergalactiques et d’une ligne de basse fédératrice au langage universel. Probablement le prochain méga tube mondial une fois remixé et expurgé de la voix chevrotante du vieux maître et de ce piano baltringue qui plombe cruellement son envol.

Las de mes critiques, un journaliste connu de la house nation m’a dit récemment sur le mur d’un ami que je devais « m’acheter des oreilles neuves si je n’entendais dans ce disque que de la funky ! ».

Mais putain je suis fier de ne pas avoir des oreilles neuves justement et de ressentir encore aujourd’hui le plaisir de ce qu’elles ont entendu depuis le premier 45 tour acheté avec mon argent de poche de pré ado, « shake the disease » jusqu’à nos jours.

Et si certains blaireaux en pantalons à pinces pastel et mocassins beiges à grelots veulent danser en discothèque comme Travolta dans Saturday Night Fever grand bien leur fasse. Moi ça ne me fait pas rêver.

La première fois que j’ai mis les pieds dans une rave c’était en 1993, mes sens se sont ouverts dans l’euphorie des possibles, un monde nouveau fait de multiples sensations et de sourires radieux m’a fait sortir du tunnel des eighties. Une énergie latente a calé mes battements de cœur sur ceux de la foule extasié. Je remercie les DJ’s de l’époque d’avoir été là pour toute une jeunesse éprise de liberté et d’amour.

Merci aussi à Mirwais d’avoir modifié la structure génétique de la musique mainstream en produisant deux excellents albums pour Madonna.

Merci à Kraftwerk pour avoir inventé de nouveaux sons et avoir donné une âme aux machines.

Je ne remercierai pas les Daft Punk pour ce retour à la musique à papa et à la vulgarité crasse de ceux qui ont réussi.

La nation Techno a honte de vous et vous ne méritez pas la couronne que le monde vous a donné n’en déplaise aux suce bites des Inrocks et autres magazines voués au culte du fric et des apparences.

Fuck You et gros bisous quand même parce que je sais qu’au fond de vous vous êtes des gentils. Clin d’oeil

Havoc

URL :

Permalink :