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Evénements

Empusae & Marc t. [par l.i.a - mai 2015]

Artiste : empusae & marc t. Titre : deugden van angst en het kwaad

Attentions mesdames et messieurs, voilà une rencontre qui a de la gueule. À votre gauche : Empusae, le maître de l’industriel tribal à l’oeuvre insaisissable et mutante, depuis les débuts rythmico-oniriques jusqu’aux plus récentes explorations ambiantes ésotériques. À votre droite : Marc T, jadis connu dans les terres électroniques comme le nom derrière le projet IDM remarquable Dither, mais surtout leader de l’excellente formation post/doom Dirge dont la réputation de Neurosis français est loin de rendre justice à la richesse de ses compositions.

Deux artistes aux talents aussi reconnus que distincts, réunis pour un album. Est-ce peut être trop prometteur ? L’expérience a su prouver que la somme des virtuosités ne produit pas toujours un résultat à la hauteur, notamment avec Empusae qu’on sait largement rompu à l’art de la collaboration qu’elle fut le temps d’un morceau, d’un album, d’un live ou d’une formation régulière, mais avec des résultats qui varient de l’alchimie unique (on pense à Tzolk’in évidemment) au simplement anecdotique. L’expérience n’est ici toutefois pas entièrement nouvelle : les guitares de Marc T. s’étaient déjà fait entendre sur Sphere From The Woods, venues assombrir discrètement les ambiances enchanteresses de l’album pour une piste simplement nommée... Dirge. Mais pour cet album la recette change, puisque c’est Empusae qui vient cette fois enrichir les compositions originales de Marc T. à la guitare, une inversions des rôles presque énoncée par l’artwork, d’une noire abstraction plus inhabituelle au premier qu’au second.

La formule se confirme dès l’ouverture avec Length Of Decay : les guitares de Marc T., puissantes et éthérées à la fois, sont clairement mises en avant tandis que les percussions tribales les enveloppent, et alors que nos artistes prennent le temps de diffuser une ambiance de lourde tristesse, une timide mélodie féérique, marque de fabrique d’Empusae, vient soutenir le tout pour mieux disparaître : on n’en entendra plus de telle avant la toute fin de l’album. Place alors à l’obscurité, comme l’annonce Verlies Van Het Licht, et avec elle disparaissent les couleurs. On retrouve alors un climat similaire à celui des introductions chez Dirge, sauf qu’il n’est cette fois pas question de laisser une quelconque rage en éclater : l’espoir n’est qu’entr’aperçu, les grincements dissuadent toute tentative d’approche. Basalt marque le milieu du voyage dans les profondeurs, où l’on découvre une force tellurique lente et écrasante est à l’œuvre si loin de la surface et de la vie, se moquant éperdument de ses spectateurs abasourdis. L’itinéraire dans les ténèbres peut alors reprendre avec Onzinnig Bestaan Van Vergetelheid, mais la mélancolie s’installe en juste conséquence, accompagnée d’une certaine détermination : il va être temps de retrouver la surface. Deugden Van Angst En Het Kwaad est la destination, le relâchement. Un instant de calme, puis tout réapparaît progressivement : la lumière, la beauté d’un paysage que l’on avait oublié, sur lesquels viennent apparaître en surimpression les souvenirs du voyage accompli dont on a oublié la douleur. S’il ne fallait garder qu’un morceau ce serait assurément celui-ci, mais il en perdrait son sens.

Si l’aventure est globalement réussie, force est de constater que cet album souffre de son concept même, la mise de ses auteurs hors de leur propre zone de confort. Porté par les guitares de Marc. T, celles-ci semblent trop souvent réclamer une explosion de puissance qui ne leur sera jamais accordée, tandis qu’Empusae se prive des rythmiques tribales et évasions oniriques qu’il maîtrise si bien. Tant de retenue pourra faire paraître le temps long à l’auditeur, s’il n’arrive à réinjecter sa frustration dans l’expérience. Ce serait dommage : cette riche œuvre dark ambient mérite mieux qu’une oreille distraite pour en découvrir toutes les subtilités.

En écoute : http://ant-zen.bandcamp.com/album/d...

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