• Tu veux rencontrer des gens, te faire des amis, 3615 ma life
    C'est par ici >>
  • Vous souhaitez annoncer une soirée, un événements
    C'est par ici >>
  • Vous souhaitez nous faire parvenir une démo
    c'est par ici >>
  • Axess Code
    2 impasse des bartavelles,
    lot n°3,
    les cressantines,
    34920 le cres- France

Evénements

Flint Glass | Polarlicht 4.1 | Transistor (4) – Zoran’s Equation [par e.Mission - février 2012]

Ceux qui connaissent René Barjavel verront tout de suite l’évident tribute à son ouvrage La nuit des Temps, décrivant l’amour impossible de deux époques qui s’opposent en tout point, à travers le prisme du médecin Simon et de la mystérieuse Eléa, ici écrit et signé à quatre mains par Flint Glass et Polarlicht 4.1 ; à croire que leurs seuls noms de projets musicaux étaient conçus à cette seule fin.

Approcher Zoran’s Equation sans lire ce bouquin ? Autant défier une loutre hémophile de rejoindre l’océan à travers la neige sans se faire remarquer... Mais que ceusses qui n’ont pas eu le privilège de découvrir l’œuvre du célèbre auteur de S.F. ne se soucient pas de ce détail, ils peuvent tout de même se plonger dans cette expédition sonore, de préférence en s’imaginant découvrir la déesse d’une civilisation ancienne en plein Antarctique, vêtus de combinaisons thermiques bon marché.

C’est pourquoi j’ai essayé aujourd’hui pour vous d’offrir mon corps à la science et de revivre l’expérience de ces hommes de courage en VRAI.

Je commençai par couper intentionnellement la chaudière à gaz de mon appartement et d’ouvrir grand les fenêtres et la baie vitrée en ce début de février glacial, par -15°C. J’en profitai également pour prévenir tous mes voisins d’appeler derjudge si jamais ils cessaient de m’apercevoir le lendemain matin en allant chercher leur courrier dans le hall. Enfin je recouvris les murs de papier alu pour retrouver l’ambiance d’un camp de recherche polaire digne de ce nom. Soulagé et fier de cette précaution digne des forces spéciales de l’armée, je laissais couler un grand bain - froid évidemment - avant d’y glisser entièrement mon corps nu et athlétique à l’ouverture de l’album.

Après dix minutes d’un exercice viril de rétrécissement pénien aquatique, je me décidai, déterminé à découvrir ce que la couche polaire allait me réserver comme découverte fabuleuse. Je pris le soin d’enfiler ma plus belle chapka achetée chez Babou, un caleçon de Dingo en sports d’hiver et dressai céans une tente carrée dans le séjour, face à la rudesse de la nuit beauceronne. J’en profitai pour me munir d’une lampe frontale, avant d’attaquer immédiatement le plancher du salon à la pioche.

Ignorant les aboiements de proximité et plaintes de la très complice Mme Monteux criant "Réglisse, laisse le jeune homme accomplir son destin !", je ne me laissai pas distraire et entrepris frénétiquement de soumettre cette carapace de glace têtue qui me sépare du tombeau abritant certainement un belle femme endormie depuis quelque 900 000 ans déjà. À ce moment, il semble que mon activité héroïque ait suscité la curiosité intéressée d’un passant ivre au dehors m’invitant à partager sa bouteille, mais je me dis qu’il était complètement fou, et que ne dois pas plier au désir, pas maintenant.

Après un effort non vain, je vis enfin le sol se décider à m’inviter sous son épais manteau. Je trébuchai et perdis conscience dans l’obscurité des Âges. En revenant à moi, je me surpris le regard flou dans une grande salle blanche, entouré de machines du futur, où il régnait une étrange odeur de soupe tiède de cantine. Une silhouette s’approcha de moi, j’approchai le bras pour me saisir de la délicieuse courbe, récompense de mes efforts quand je me sentis soudain un peu trompé sur la marchandise : bordel, horreur et trahison, c’est une grosse aide-soignante dominicaine !

- Mais où suis-je enfin ?
- Vous vous êtes évanoui monsieur. Vous êtes au CHU Saint-Brice, c’est votre voisin qui a appelé, vous êtes tombé dans son garage et...

Fou de rage, je bondis furieusement du brancard avant d’avaler le couloir en direction du hall, et de saisir la bouteille du pauvre gazier aperçu la veille sur le parvis pour l’avaler d’un trait désespéré, le cœur blessé d’avoir échoué si près du but.

Chienne de pute de vie.

URL : http://flintglass.free.fr/

Permalink :