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Evénements

Fluxus - Mental Illness [par Lord Impaler - juillet 2014]

Depuis ses premières incursions en 1997, sous forme de CDr puis de cassettes à peine une année plus tard, le label Ora Pro Nobis, s’il eut été nécessaire de le démontrer, inspire le respect par sa propension à n’avoir nulle autre motivation que l’extrême beauté du geste, ou pourrait-on dire l’absolue nécessité de ne jamais rester sans rien faire. Cet engagement infaillible et si précieux en ces temps où l’on montre sa plume, sa posture, son cœur ou tout autre partie charnue en quêtes de futiles et éphémères actions de grâce, ne saurait bouder notre intérêt. Loin s’en faut.

OPN est en effet coupable d’une des plus magnifiques manifestations de ce qu’est l’intangibilité inhérente à la musique expérimentale à consonance industrielle, matérialisé par le Flying Bodies Under The Clouds de Babylone Chaos, qui reste pour l’auteur un trop rare disque de chevet. Quelques années auparavant, le label nous avait charmé par la collaboration Babylone Chaos/Lambwool/Le Diktat, produisant le non moins formidable Shi, plébiscité en ces lieux. Que l’on soit clair : OPN sait ce qu’il fait, sait comment le faire, et le fait maison avec des amis pour des amis. Que l’on aime ou pas chacune de leur sortie, force est de reconnaître la sincérité et générosité de la démarche.

Penchons-nous désormais sur l’objet du délit : Fluxus est un projet réunissant Pedro Penas Robles - HIV+, Adán & Ilse - et Mauricio Ibañez Sangés aka MAURI, avec en invités Arturo Lanz du célèbre Esplendor Geométrico et Vera de Black Egg qui interviennent au chant respectivement sur deux titres. Ils nous livrent ici un objet d’expérimentations industrielles rugueux et entêtant qui ne livrera certainement pas tous ses sucs lors d’une première écoute. Une introduction en vagues souples et raclements ondulants, d’où percent des murmures persiflés, pour s’engager dans une ritournelle cliquetante. Puis l’on passe à un empilement analogique obscur dominé par une voix caverneuse psamoldiante (ou presque), pour ensuite remuer nos appendices sur une dark-pop maniaco-dépressive, avant de retomber dans les lanceurs roulantes aux saveurs industrielles, puis nappes rampantes... un sentiment global d’exigence se dégage de l’ensemble, tout en interrogeant l’auteur sur le processus de conception, sur la durée ou dans l’urgence, tant telle ambiance se démarque de tel autre passage, ce tout du long. Car autant Mental Illness garde constance sur ses thématiques - la maladie, l’étrangeté, la folie, ce qui n’aura sans doute échappé à personne - et son obscurité, autant il ne garde pas régularité de méthode quant aux manières de les traiter. Tantôt teinté industriel première époque, rejetant la structure, tantôt nappé de sonorités plus modernes et rythmées, l’écoute peut surprendre si on s’y laisse prendre.

L’auteur ne possédant pas physiquement l’objet, il ne s’étendra pas sur ce sujet. Pas plus qu’il ne s’épanchera sur la pertinence de tel ou tel mot, ce critère supposément qualitatif lui échappant presque totalement, n’étant correctement câblé pour ce type d’analyse. Qu’il s’agisse d’ailleurs des voix tantôt susurrées, crachées, égosillées ou scandées, l’attention ne se porte naturellement pas sur leur propos, mais plutôt par leur cohérence dans la discordance. Le morceau Neurosis dans sa première version, qualifiée d’instrumentale, bien que comportant une voix masculine, témoigne de ce fait. Sur la presque totalité de l’opus, les paroles sont rarement intelligibles et présentes pour distiller un sentiment, non pour faire sens.

Mental Illness n’est pas exempt de défauts, qu’il incombera à l’auditeur d’attribuer selon ses propres critères, ici un effet usé, là une cassure sans doute peu nécessaire, un sample trop reconnaissable, un fil conducteur malaisé à suivre ; peu importe, car les auteurs ne sont pas ici pour démontrer, mais pour montrer.

Ora pro nobis, priez pour nous.

Correctif d’importance : cet album est une co-réalisation OPN et Unknown Pleasures Records tirée à 500 exemplaires, la version physique de l’album étant distribuée par ces derniers. http://unknown-pleasures-records.cr...

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