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Follow Me Not - Revolution [par le chiffre - février 2012]

Follow Me Not, c’est "shoegaze/poprock/postpunk, une espèce de mélange entre les Cure et Jesus and Mary Chain" comme le définit lui-même son auteur. Revolution fait donc suite au mini-album Chains, et arrive deux années après Nothing’s gonna be alright.

On y retrouve ce qui avait, déjà, suscité un certain intérêt pour cette formation orientée cold wave minimaliste, dansant d’un pas bien plus assuré, mieux travaillé et flattant juste ce qu’il faut des instincts régressifs propres au style. L’omniprésence des synthétiseurs analogiques d’antan n’y est bien entendu pas étrangère pour deux sous, notamment dans "I Can’t Force You To Love Me", tout comme l’emploi fréquent de la gamme en Do majeur, que pourtant David Bowie s’est irrévocablement appropriée avec son "Heroes". Cette tonalité, résolument positive, va d’ailleurs à l’encontre des codes et poncifs de ces genres que l’on croyait immanquablement voués à la darkitude triste de déréliction.

Mais c’était sans compter sur l’ingéniosité de Follow Me Not et l’éclaircissement qu’il nous apporte, avec la fraîcheur de bon aloi du musicien humble. La basse lancinante de "Revolution", combinée à la nonchalance de la voix va, quant à elle, aiguiser les stalactites pop-rock que le projet présente dès que la tentation se fait sentir. "Silence" ne doit surtout pas être pris pour argent comptant, sa mécaniques interne se mettant progressivement en place au fil des plages qui le composent, et qui se déploient puis se retirent en vagues successives, à la manière d’un Fra Lippo Lippi débridé ou d’un Kommunity FK décomplexé.

"To Lose Friends" donne le change à "Hope" avec ses arpèges de guitare folk et un audacieux pont, qui fait du morceau la clé de voûte de l’album, sans en faire le "tube" pour autant. "Waltz" n’est pas deux temps, à trois temps, ni a mille temps, pas plus qu’elle est méphistophélique ; il n’en demeure par moins que c’est au rythme bien sanctionné, que cette invitation à la féérie, accompagnée de nappes heavenly voices, maintient l’auditeur en suspension, jusqu’à ce que "Where’s Your Love" le ramène au bercail, à quelques encablures de l’écurie 4AD par exemple, sous les fragrances Cocteau Twins et la boîte à rythme Modern English.

On va alors partir en torpeur passagère, quand Follow Me Not se rappelle bien à son témoin, et le ranime avec le très identifiable "Coldfunk". Le tube, le voilà, au son aussi rond que mordant, et empreinte l’album du sceau d’exaltation vernie de l’insouciance disparue, mais jamais bien loin, pour celui ou celle qui n’a jamais oublié ses années, où l’on se prenait à dessein d’emprunter la guitare du copain, et de fredonner quelques paroles en yaourt, pour se donner une absence totale de contenance. Et c’était bon.

Tellement bon que Follow Me Not se plaît à conclure son album avec brio, sous la forme d’une complainte "Going Under", complainte qui achève la gradation continue, gradation à laquelle "Revolution" nous avait jusqu’alors accoutumés. Si le prochain album reprend là où celui-ci s’est arrêté, alors il est fort à parier qu’il aura atteint les sphères auxquelles il ne prétend pas forcément appartenir, mais dont la qualité d’enregistrement et de production l’y conduisent légitimement.