• Tu veux rencontrer des gens, te faire des amis, 3615 ma life
    C'est par ici >>
  • Vous souhaitez annoncer une soirée, un événements
    C'est par ici >>
  • Vous souhaitez nous faire parvenir une démo
    c'est par ici >>
  • Axess Code
    2 impasse des bartavelles,
    lot n°3,
    les cressantines,
    34920 le cres- France

Evénements

From Memory - Semiomime [par Phllox - mars 2011]

Derrière Semiomime, se cache le bouillonnant Noël Wessels, plus connu sous ses nombreux projets et avatars musicaux : Dj Hidden, The Elf Architect, Louis Cyphre, et The ravenous. Non contant d’opérer en activiste solitaire, il sévit aussi au travers de diverses formations dont la plus illustrative reste The Outside Agency.

Nous parlons ici d’un boulimique qui, au gré de ses projets, louvoie allègrement entre Drum’n’Bass, Hardcore, Gabber, Ambient , Néo-classique, IDM et Electronica. Au-delà d’approfondir chacun de ces genres de prédilection en s’y inscrivant souvent en référence, il réussit l’ultime synthèse : Semiomime se hisse au pinacle de la musique électronique, voire de la musique, tout simplement.

J’avoue avoir de la chance de pouvoir partager cette découverte, bien que mon premier réflexe coupable a été de garder bien précieusement pour moi ce petit joyau. Vous l’aurez compris, conquis, je me suis laissé gagner par cette invitation au voyage. Semiomime nous fait parcourir un triptyque de 75 minutes ininterrompues, parsemé de 18 paysages dont les tonalités viennent puiser dans l’incroyable palette du compositeur, que dis-je, de l’alchimiste.

Si l’IDM peut virer à une forme expérimentale hermétique pour ne pas dire élitiste ; From Memory est à l’inverse extrêmement abordable. Et ça fait du bien ! Non pas que la composition soit simpliste, mais Semiomime à l’élégance de se poser en guide, ne cessant de nous prendre habilement à contre-pied, se jouant de rythmiques asynchrones, d’altérations et d’accords mineurs.

Cette révélation débute par un titre éponyme "Unveiled" nous plongeant dans une juxtaposition délicate de field recordings. Puis, lentement, nous glissons dans un rêve intérieur parsemé de nappes, elles-mêmes ponctuées de notes éparses. L’ensemble nous aide à cheminer vers The Entrance où l’atmosphère devient plus organique. Sensation quasi physique se confirmant par la moiteur de Stalactite. De cet univers souterrain, les aspérités se révèlent au gré d’une rythmique discrète pour venir s’affirmer au fur et à mesure. Quelques mélodies s’installent, obsédantes, l’image d’une lumière froide, distante pour venir s’altérer sur Theorem, et laisser place à l’univers glacial et épuré de Gnosis.

Nous sommes toujours plongé sous terre, évoluant dans l’asynchrone, sans pour autant être déroutés. La composition est précise. Un Passage s’ouvre alors, reprenant les nappes de Gnosis, vers Eidolon où le monde devient plus lumineux, plus chatoyant. Transistor, prend le relais, marqué par une rythmique breakbeat plus affirmée, et nous ouvre une nouvelle perspective vers un monde moins contemplatif. Nous sommes en phase de réveil - sans être bousculés. Est-ce une remontée à la surface ?

Très probablement oui. "Moon" est là pour nous cueillir et nous exposer à une Parade rythmée. A ce stade, si le doute était encore permis, Semiomime nous révèle ses qualités de musicien. Nous assistons au déroulé d’une composition néo-classique où viennent s’entrechoquer violons, hautbois, cuivres et percussions : il ne s’agit plus vraiment de mixage, mais d’orchestration. Un violon Tzigane s’invite dans la partition pour nous faire vire voleter. Mais quel duel !

Je ne compare plus Semiomime à FSOL (Lifeforms) ou Autechre voire Aphex twin, mais presque à Camille St-Saëns ou Erik Satie.

Remembering, au piano, offre un moment de calme. Nous voilà ainsi plongés sous une légère pluie d’été, presque salvatrice. Lavés, nous pouvons alors nous glisser dans la mystérieuse "Pan’s Alcove". Un morceau assez tribal où l’on retrouve quelques réminiscences familières à Flint Glass, Tzolk’In, ... donnant accès au speakeasy avec "The Mole Children" où le piano divague au gré d’un léger courant d’air. Les doigts courent sur les touches, c’est aérien, fragile, libéré de toute contrainte.

"Hendershot" vient alors nous prendre par la main de manière insistante pour nous ramener à une réalité bien plus terrestre. La rythmique pesante de "Proceeder" contraste avec la légèreté des nappes. La lancinance de cet équilibre porte à une forme de trance dès que l’on ferme les yeux. De courte durée ... l’auteur nous entraîne vers la dramaturgie de "The Exquisites", soutenue par les attaques des violons et sa mélodie mélancolique. Les sentiments sont alors mélangés : nostalgie, angoisse, soulagement. La cinématique nous plonge dans une forme d’angoisse : quelles en sera l’issue ?

"Later Days" nous ramène dans un monde plus familier, plus apaisé. L’harmonie semble graduellement s’installer, ... "Late Night Highways" clôture alors cet opus : avec 11 minutes de silence juste interrompues par les traces mémorielles que Semiomime souhaite nous laisser, comme un souffle léger et chaud nous berçant au creux de l’épaule.

De cet album je retiendrais un moment à part, introspectif, à vivre, une rencontre avec soi-même orchestrée par le maître des lieux. Loin du dancefloor, From Memory se révèle être l’oeuvre d’un musicien accompli, d’un DJ, qui devrait faire frissonner la plupart d’entre nous.

URL : http://www.adnoiseam.net/
Label : Ad Noiseam

Permalink :