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Igorrr - Nostril [par Freak Show Factor - décembre 2010]

Igorrr kidnappe la musique. Classique et baroque, entre autres. Il la séquestre puis la violente à coups de rythmiques breakcore. Il lui met des baffes dans la gueule. Quand elle est à terre, des coups de latte. Il la soumet. Bientôt, elle écartera les cuisses d’elle-même. Qu’on en finisse. Enfin il la pénètre. Et il lui met son compte.

Alors qu’on pourrait s’attendre à ce qu’elle endure le pire, bizarrement, comme dans les bons vieux pornos, elle finit par y prendre du plaisir. Elle ne se débat plus pour se défendre mais pour continuer le jeu. L’opposition devient fusion. Et vient l’orgasme synchrone.

Une telle union contre-nature ne pouvait engendrer qu’un monstre. Un être aux formes incongrues. D’une laideur extrême il faut bien le dire. Immonde. Et pourtant, reconnaissons-le, son existence même est un miracle. Aucune science ne pourrait l’expliquer. Et si l’on garde ça à l’esprit, on peut dès lors s’émerveiller.

Et les formes que l’on trouvait repoussantes finissent par trouver grâce à nos yeux. En fin de compte, elles ne sont qu’étranges parce qu’étrangères. Et on adopte le petit monstre. On l’admire. On s’attendrit devant chacun de ses pas. On se rend compte que ses capacités sont exceptionnelles.

Le mutant grandit à une vitesse vertigineuse. Il est déjà adulte. Il est immense et surpuissant. Il ne reconnait plus ses parents et les écrase sans même les voir. C’est notre monde qu’il piétine, mais pour lui, ce n’est que son chemin qu’il trace.

Une perle baroque … (explication de texte)

Certains vous diront qu’Igorrr ne fait qu’un exercice de style. Ils avoueront la virtuosité peut-être, mais nieront la créativité. Igorrr n’en a cure. Il s’amuse et son jeu amène la musique là où lui-même peut-être ne s’attendait pas.

Le jeu est évident sur Tendon par exemple, où il mêle guitares speedcore et violons slaves, chanson française années 20 et heavenly voices, chant atonal et violon country. Si, si … tout ça dans le même morceau et ce qui est magique, c’est que ça marche.

Dans Excessive Funeral, Igorrr commence au clavecin accompagné de sa rythmique breakcore en contrepoint comme toujours. Mais celle-ci a l’air de tenter d’imiter l’instrument qu’elle accompagne, dans le rythme et la tonalité. Puis le clavecin se transforme en orgue comme si la mélodie voulait se faire mieux entendre et recouvrir cette satanée pollution rythmique. Les snares s’emballent de plus belle jusqu’à se morpher en un son d’imprimante matricielle. Le tout arbitré par des hurlements peut-être symbolisant les maitres du baroque se retournant dans leur tombe … je ne pense pas.

Au contraire … Igorrr opère une restauration des plus convaincantes de ce style qu’on pensait désuet. Il lui redonne une vigueur contemporaine qui lui sied à merveille. Il en devient le conservateur en inventant la musique de chambre baroquecore.

Mais pour apprécier Nostril, il faut oublier ce que l’on sait de la musique. Ne plus penser que snares et kicks doivent se limiter à la section rythmique. Qu’un orgue ou des chœurs doivent se borner à la mélodie. Qu’un clavecin ne sait jouer que du baroque. La preuve que non … Igorrr utilise tous ces instruments et samples en tant que sons et pas en tant que partitions.

Il y a un côté noise où tous ces sons mélangés finissent par se transformer et avoir une toute nouvelle cohérence à l’oreille. C’est ainsi qu’il va encore plus loin en utilisant l’aboiement d’un chien pour créer un break. Le bruit d’un frigo pour un silence. Il en profite pour nous rappeler que les silences faisaient partie intégrante de la musique d’alors, et qu’on a tendance à oublier ses vertus de nos jours. D’ailleurs, le silence n’existe plus dans nos cités modernes, c’est pourquoi il le matérialise par le bruit du frigo.

Un aboiement Des guitares death Du clavecin baroque Un violon country Le bruit d’un frigo … On a affaire à un monstre tant qu’on fait cette distinction … tant qu’on reconnait l’aboiement et le frigo, notre cerveau les dissocie de la musique. Capturer et disséquer le monstre n’apportera rien sinon la confusion. Il faut juste se faire à l’idée qu’on n’entend que des sons, et on entendra la musique.

URL : http://www.adnoiseam.net/adn132
Label : Ad Noiseam

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