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Irfan - Seraphim [par Sept-Cuivres - mai 2008]

Seraphim est le second album d’Irfan, formation néoclassique dans la plus pure tradition heavenly/world music du label nantais Prikosnovénie, qu’on ne présente plus.

Les caciques du genre noteront que l’effet de surprise est gâché par les références mises en avant : Dead can Dance, Azam Ali, Le mystères des voix bulgares. Ce serait toutefois être très injuste avec cette formation transnationale, dont l’atout principal est bel et bien la non linéarité et la diversité de sa production. Le premier titre, "Simurgh", ballade médiévale ouvre le bal comme il se doit. "Invocatio", court titre a capella n’est qu’une prise de respiration avant le "Hagia Sophia" et ses percussions que In The Nursery ou Am’ganesha’n n’auraient pas reniées. Un titre mâtiné de profondeur ethnique, hautement narratif, nous éloignant peu à peu de l’épicentre de nos préoccupation les plus vénales...

"Vernal Garden", titre plus oriental, accompagné de guitares flamenco et d’accordéon, laisse la chanteuse Vladislava Todorova pleinement exprimer sa maîtrise organique des intonations venues du fin fond des âges et des aires. On ne sait plus vraiment si on est en Anatolie, dans les Balkans, le Caucase, le Maghreb, la Perse, ou plus loin encore...

"Fei" titre à deux voix ne sera pas sans évoquer XVIIème Vie/Les Secrets de Morphées ou Keltia, aussi bien dans son expression lyrique que son orchestration de type musique de chambre, nous rapprochant davantage de l’occident que ce que le début de l’album avait semblé nous téléporter. Mais ce n’est finalement qu’un interlude pour mieux nous replonger dans les Andalousies de "Los Ojos de la Mora" et ses arabesques rappelant la domination ottomane sur l’Europe du Sud, et cette phrase mélancolique d’un vieux prince Bibesco : « La chute de Constantinople est un malheur personnel qui nous est arrivé la semaine dernière »., que semble murmurer le luth final de cette épopée.

"Star of the Winds" est une mélopée qui commence par un instrument qu’on a du mal à identifier (cordes ? bois ? cuivre ?) mais qui se poursuit sur le mode tribal.

"Invocatio II" revient quant à lui aux fondamentaux européens à deux voix (masculine et féminine) du Bas-Moyen-Âge, afin de nous aider, progressivement, à fermer le bal, avec "Return to Outremer", titre générique (dans tous les sens du terme), qui, il est vrai, nous laisse un peu sur notre faim, même s’il prolonge dans notre voyage intérieur la courbe qui nous donnera, à coup sûr, envie de réécouter plusieurs fois cet album.

En conclusion, une production dans la plus stricte orthodoxie prikosnovénienne, mais bénéficiant de tous les canons de de beauté musicale en vigueur dans cette illustre écurie.

URL : http://www.prikosnovenie.com/
Label : Prikosnovénie
Artiste(s) : Irfan

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