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Neon Rain - We Are Meat / The Vultures [par Nightmarica - juin 2008]

Mais qu’attendent donc les Neon Rain ? Une troisième guerre mondiale ? C’est ce à quoi j’ai de suite pensé à l’écoute de ce dernier disque ou plutôt, double album. Comme un film d’anticipation, une parenthèse morbide sur l’après troisième guerre mondiale, une guerre sale, à base de produits psychotiques aux effets irréversibles, tout y sonne rugueux, désincarné et sans espoir réel, comme une déception de plus, un nouveau constat sur la bassesse de l’humanité.
A l’image d’un mauvais retour de trip, on ne contrôle plus la descente. Pour arriver à exprimer autant de sentiments négatifs, les mélanges de styles propres au groupe, tendent toujours à explorer des pans refoulés ou pas évidents de ressenti pour aller jusqu’à la désincarnation et la négation des sens, un flirt avec le nihilisme.

Le premier cd "we are meat" est à la croisée des chemins entre sonorités noises assourdissantes, mélodies black-metal, très minimales. Ce mélange n’est pas ce qui est de plus simple à aborder, une oreille avertie aura plus de facilité à suivre et comprendre la finesse d’évolution conduisant ces cycles infernaux de bruits, sons, agressions soniques, vers la respiration qu’est le deuxième cd "The Vultures".
Par moments, comme pour rappeler qu’il y a une humanité derrière ce chaos, un chant entre en scène, oscillant entre discours totalitaire à la "1984" de G.Orwell, et chant neofolk mystique contrastant avec le martelage sonore. La voix est calme, dégageant un certain romantisme noir et désespéré, comme si un gardien était là à attendre au dernier poste de garde, se chantant des airs, pour ne pas oublier qu’il est encore en vie. Ce premier cd nourrit une évolution, très lente, constante, on sent que les musiciens ont beaucoup travaillé pour donner à ce mur de son magmatique un sens, une cohérence. Rien n’est laissé au hasard, un travail d’orfèvre, les effets sonores ne sont pas ampoulés, comme dans un exercice de style pur, tout est en demi-teinte et reste monolithique (difficile exercice !). Les effets stereos fonctionnent comme un stroboscope, épileptique, déboussolant. On entend ici et là, dispersées, des sonorités mécaniques, marteaux-piqueurs, moteurs toussotants, mixtures de frottements métalliques, concassages d’objets fantomatiques, un régiment d’objets sonores cauchemardesques.

J’ai l’impression, à l’écoute de "We are meat", d’observer une scène dramatique, une scène de fin de monde, impuissant, derrière un hublot sale, je vois mon futur, mais il est trop tard, tout est déjà joué.....

Le deuxième cd "the vultures" est clairement une respiration, comme si ayant avancé dans un tunnel d’égout pendant des kilomètres, soudain la sortie s’offrait à nous. Sales, endoloris, et face à un monde qui n’a plus rien d’humain certes mais tellement content de respirer un air moins vicié. Les tracks avancent sans précipitation, plus clairement construits, moins magmatiques que sur le premier cd. Les deux premiers morceaux (not one inch(prelude),we are apart) fonctionnent comme une transition vers une folk indus puissante, tel le "not one inch".
On remarquera encore une fois le travail de production, la texture des rythmes et différentes couches sonores empilées en un puissant choeur, à en rendre mous les chants partisans de l’ex Union Soviétique.

Le morceaux suivant (by the hands of) revient comme un rappel au premier cd, un mauvais souvenir qui resurgit, cauchemardesque et agressif, une orgie sonore, la vision qu’on pourrait peut-être avoir en se réveillant en enfer ou quelque chose de cet acabit.
"we are the words", morceau suivant, résonne comme un rumble persistant après une agression auditive prolongée : ça crachote salement !! Derrière un mur de son à variations aléatoires, le croisement d’une rythmique industrielle et de sons power-noise est dévastateur, ça avance tel un rouleau compresseur, retaillant les rondeurs en angles saillants, allez on entre dans les rangs, il n’y a pas de place pour le désordre.

"Face the wall-hurt our fists", comme un moment de suspension, arrive au bon moment. Mélodies sensibles, sur une sautillante syncope rythmique, faite de véritables sons concrets (la patte du talentueux Westwind n’est jamais bien loin), cocktail surprenant que ce "face the wall", à la fois très déjanté et romantique, pop et bruitiste, beau et sale.
Le morceau qui m’aura le plus intrigué je dois bien l’admettre, une identité à part dans cet album. Une nouvelle voie ??

Bon évidemment les Neon Rains ne pouvaient pas nous laisser longtemps le droit d’espérer, de respirer, et enchaînent donc le très pesant "Erase", une évolution sonore atonale, presque arythmique puisque ce n’est qu’au tiers du morceaux qu’un beat répétitif et froid vient prendre place en une percussion entêtante.

Avant-dernier morceaux de l’album, on sent la conclusion proche. "No man’s land", note finale de l’album, apporte également sa part de nouveauté. Aussi triste qu’une sarabande de Haendel, aussi charismatique qu’un thème de Moriconne, et en même temps track post-apocalyptique par excellence. Je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir, à la découverte de cette composition bouleversante et inspirée, quelques images cinématographiques. Véritablement impressionnant, il sort de l’album, par son décalage stylistique et pourtant en fait une conclusion idéale.

Les Neon Rain s’approprient divers styles dans cet album, pour en faire un mélange sensitif, une matière à réflexion. La digestion est longue et plusieurs niveaux d’écoute sont présents. Si la sincérité qui s’en dégage permet de ressentir beaucoup de choses à la première écoute, plusieurs seront nécessaires pour bien comprendre tout ce qui se passe. Cet album est à la fois brutal et puissant mais aussi mental et sensible. Une sortie enthousiasmante et indispensable que ce nouveau Neon Rain.

Oserez-vous passer à côté ?!

URL : http://www.steelwork-maschine.com/
Label : Steelwork Maschine
Artiste(s) : Neon Rain

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