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Niveau Zero - In_Sect - adn129 [par Tist - novembre 2010]

Quand on ne connaît pas les travaux de Niveau Zero, on peut être tenté de faire une chronique un peu froide. In_Sect, jeu de mots pas très obscur et mollement subversif, intitule la dernière sortie d’Ad Noiseam. Composé d’un savoureux duo entre pochette mollement (encore) provoc’ jouant avec l’imagerie éculée de la pieuse Sainte interchangeable retouchée de façon plus ou moins tendancieuse et d’une typographie redondante très « underscore » propre au milieu numérico-tronica de 1998 à 2004, le combo dessinant les contours de cet album ne laissent pas présager du meilleur…

Et pourtant, loin d’être flaccide, ce disque est une bombe !

Alors certes, ça commence sur un éternel sampling d’un discours/émission/film obscur/discours_politique_tendancieux-dont-peu-importe-l’obédience, mais les loops de guitare râpeuse laissent la place à une darkstep gavée d’hyperbass ! Et tout du long, l’auditeur est violenté, malmené secoué comme une bouteille d’Orangina rouge (mais pourquoi est-il aussi méchant ?). Oscillant avec subtilité entre eletronica, breakcore, lorgnant vers l’hyperdub, In_sect est magistralement ouvert par trois titres brutaux.

Pourtant, les choses ne sont pas aussi simples ! Réduire In_Sect à une succession de morceaux juste putassiers car le volume des 20hz est à son paroxysme c’est comme manger mc do avec des couverts : premièrement ça n’a aucune saveur, deuxièmement, ça n’a pas de sens.

Il faut en effet avouer que passé l’incipit, on craint la répétitivité. Le très justement nommé « Revolution HxC » vient apporter une bouffée d’air poisseuse. Hymne punk hardcore, énervé et vindicatif, ce titre qui sent fortement la baston, la sueur et la cage UFC permet de pénétrer plus en profondeur dans ce disque qui devient décidément très massif !

Etrangement situé en milieu d’album, Hecq livre alors un remix électrisé, en montée permanente. Lowtempo orchestral comme un space opera, la pression monte à mesure qu’on se perd dans les méandres du dubstep digitalisé à outrance, découpé en petits morceaux !

L’impression de surprise de cet album est confirmée par Law Of The Universe. Rap cryptique, bande son parfaite pour une émeute organisée par les Black Bloc, le titre phrasé enfonce un peu plus le clou du mélange des genres.

Oui mais voilà, la différence des genres presque systématisée, presque automatique pousse à devenir frileux en pensant au « what’s next ? » ! Car à trop mélanger, Niveau Zero risque de tomber dans l’incohérence caricaturale digne de ceux qui tentent de faire des albums fleuves gonflés de genres différents pour montrer « l’ouverture d’esprit ». I Believe In… balaye le doute d’un revers de la main en revenant vers les débuts de l’album, toujours cette sauvagerie goûteuse en sus.

Icon, titre émergé d’une B-Side Indienne des Chemical Brothers époque Surrender (Pardon pour la comparaison qui pourra faire souffrir l’intéressé), calme un peu le jeu de la surenchère de violence. Equilibré et envoutant, c’est une oasis bien placée !

In_sect est-il alors parfait ? Hélas non, War In The Making, titre poussif (en réalité un remix par Niveau_Zero himself) peine à trouver un rythme. En fait non, du rythme, il y en a et c’est peut-être le problème. Les enchaînements déstructurés des beats finissent par devenir répétitifs. Morceau de trop, In_Sect s’essouflerait-il ? Gracilicornis, pièce de bœuf mutante entre emo décérébré et bonne tranche de lard digital hardcore commence bien, mais peine furieusement à tenir en haleine sur la durée. Malgré un très bien senti « Pump up the volume, Dance ! Dance ! », la longueur est bien là ! Alors on se dit qu’heureusement, on arrive au bout. On pourra remettre les sept premiers titres. Mais mince ! Cet album qui commençait sous de si bons hospices n’est-il qu’un soufflé au fromage ? Hyperlord, épilogue en charge de clôturer la digitale cérémonie a intérêt à ne pas flancher. Les litanies messianiques qui rendent honneur au titre sont intéressantes, mais l’accompagnement sonore trop présent et pressant n’offre pas de réelle fin à cet album dont les dernières secondes seront comme un stop un peu brutal.

Alors de cette chronique, on ne retiendra peut-être que les reproches un peu arides, mais après de nombreuses écoutes, In_Sect est un album en deux parties. Un deux tiers/un tiers qui s’envole loin dans l’expérimentation et le mélange des genres, mais qui, rappelé par ses amoures industrielles devient un peu lassant. Car le trop-plein d’énergie devient finalement indigeste…

Certes, on peut craindre le manque de cohérence. Mais qu’est-ce que ça veut dire lorsqu’on remarque que beaucoup trop de productions actuelles se perdent dans la répétitivité propre au milieu industriel… En somme, In_Sect, c’est huit titres jouissifs dont la traversée est simplement nécessaire. Varié et lourd, le dernier opus de Niveau Zero est un disque à recommander à tout amateur d’electro sombre et qui ne craint guère la violence et les grosses basses. De très bonne facture et parfaitement maîtrisé par un mec qui aime la musique électronique sous toutes ses formes, mais qui sait où il va, In_sect rend honneur au genre et plutôt deux fois qu’une.

En somme, c’est un des albums de l’année dans le genre qui fait l’affront de ne pas s’arrêter à un public déjà formé aux sonorités parfois trop formatées du paysage dark...

URL : http://www.adnoiseam.net/adn129
Label : Ad Noiseam
Artiste(s) : Niveau zero

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