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PICORE “assyrian vertigo” (Jarring Effects) [par Havoc - février 2012]

Octobre 2011, j’ouvre la pochette du luxueux digipack double cd contenant le « vertige assyrien » qui n’est autre que le troisième album du groupe français PICORE paru sur le fameux label lyonnais Jarring Effect. J’admire en premier lieu la reproduction d’une partie du tableau de Delacroix « la mort de Sardanapale » qui complète un artwork tout en zébrures minimalistes contenu dans une pochette sobre ornée d’un soleil noir. Je me jette d’emblée sur le CD 2 gavé de remixes de cette œuvre noise rock ambientale. Fortement chargées en THC, les versions dub indus & breakbeat de SCORN, LARVAE, ODDATEEE, 2 KILOS 1 MORE ou VON MAGNET côtoient les perles psyché noise déstructurées par DIRGE, AUCAN ou MEIRA ASHER, entre autres intervenants.

Bel objet sonique et cinématographique, idéal pour se lancer dans une pure introspection soufi en territoire mésopotamien, ce dernier PICORE accentue les murs de guitares noisy et pousse le bruit organique plus loin que sur l’hélium du peuple. Ces territoires sonores mixés par un des membres de DÄLEK et masterisés par ALAN DOUCHES (Converge, Animal Collective …) ne me sont pas inconnus, laissant transparaitre ces effluves shoegaze des premiers MY BLOODY VALENTINE ou MOGWAI et fleurant bon une forte odeur de narguilé échappée de la discographie de TORTOISE et SEEFEEL.

Mise en abyme désespérée, mouvements de guitares circulaires, larsens maitrisés et apparitions vocales fantomatiques, l’univers musical de PICORE tient tout autant du rock le plus expérimental que des laborantins allumés de chez WARP. Nécessitant une écoute attentive, et sous influence, pour en extraire efficacement le suc lysergique souhaité, ce double CD offre des perspectives de voyages intérieurs sans aucun billet retour.

Perdus dans le désert entre l’Irak, la Syrie et l’Iran ces chameliers du noise rock vous balancent des mirages éclatés en de myriades de décibels avec une amplitude et une faculté onirique qui conduit rapidement à l’hypnose. Engourdis par le flot de distorsions contrôlées, l’auditeur essaye de grimper sur les dunes pour entrevoir les jardins suspendus de Babylone. Il ne voit, en lieu et place de l’idyllique Eden, que cités en ruines et soldats sans armée accrochés aux paroles prophétiques extraites de je ne sais quel obscur texte biblique apocryphe.

Du haut de sa forteresse d’Alamut, le Vieux sur la Montagne offre sa première récolte de cannabis aux membres de sa secte des assassins (racine commune du mot « Haschisch »). Armés de leurs cimeterres, ceux-ci découpent une à une les têtes des infidèles perdus en Croisade qui refusent de vouer un culte à PICORE. Une histoire de sang et de shamanisme en somme.