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Evénements

Pylône - Black Grains [par RevCo - juin 2006]

Première fois que j’entends ce groupe qui manoeuvre sur le label français Sound On Probation dont c’est la quatrième sortie et qui est dominé quant à son catalogue par la présence du bien connu Zonk’t et dont j’ai cru comprendre que Pylône était, à la vérité, un projet parallèle.

C’est clair qu’ici, sur cette galette, on est loin de l’eurodancehouse à la mate-ma-belle-caisse-qu’elle-est-flashy, c’est un monde à ras du sol et du son qu’il nous est donné ici à entendre, de l’ambient concréteuse aux limites du contemporain, voilà l’univers que dépeint Pylône (je ne sais si ce nom plutôt bien choisi fait référence à Faulkner ou à EDF, faudrait demander).

Derrière une belle pochette noire striée de bleu et du vert de cristaux liquides, cinq parties de diverses longueurs composent cet album et le premier, « Equation Part-One », d’entrée se faufile et s’immisce dans des grincements et des frottements discrets, proches des plages les plus dépouillées du Belge Finalcut. Le second, légèrement un peu plus étalé (8 minutes) démarre dans le silence (en réalité, après avoir vérifié visuellement, un son imperceptible) puis monte par le truchement de nappes de drone qui aboutissent en grésillement, nous laissant quelque peu sur notre faim, il faut bien l’avouer.

Voilà pour l’entrée, passons au plat de résistance : « Transmission », un morcif de 25 minutes qui, plus présent au départ, évolue similairement, exploitant continûment un grondement sourd comme le peu agréable tangage d’un bateau qui geint, vaguement entrecoupé par des effets de panoramique aux deux tiers avant que le son ne s’éteigne pour revenir lancinamment mais finalement étouffer. Pas désagréable, cette plage fait penser à une impro comme on en voit chez les ambientistes purs et durs dans les concerts de ci de là, façon de faire loin d’être facilement transposable sur CD, l’exercice demeurait périlleux. On en revient au format court du cru (plus de cinq minutes quand même, eheh) avec une nouvelle plage évolutive (« Line 4 »), aux sons purs et paisibles, oscillant de droite et de gauche, frisant la disparition mais reprenant sans coup férir son vol planant au ras des ondes ; on regrettera toutefois là la fin trop brutale et facile.

La dernière partie est on ne peut plus consistante puisqu’il s’agit d’un quart d’heure de musique qu’on qualifiera carrément d’électronique contemporaine. Nous naviguons là en effet de manière frappante dans des parages GRMiens, entre le Savouret le moins concret et le Bayle du début des années 80 (on peut penser ainsi à la composition « Motion / Emotion »). Une plage finale plutôt réussie dans l’ensemble alors que l’espace choisi pour évoluer est tout sauf aisé à parcourir. Le problème de ce disque est d’ailleurs de manquer paraître hermétique à bien du monde , telle une bonne part de la poésie actuelle par exemple (notamment pour ce qui est de « Look part 3 », second morceau comme son nom ne l’indique pas, ou encore de tout le développement central de « Transmission »), reproche que l’on peut recevoir pour les passages sus-mentionnés mais qui, dans l’ensemble, n’altère pas la qualité globale de « Black Grains ». Cette musique, à la production impeccable, s’appréciera enfin prioritairement soit au casque soit sur une chaîne hi-fi de bonne qualité, surtout pas en accompagnement comme on pourrait l’imaginer au risque d’en perdre tout le suc.

URL : http://www.soundonprobation.com
Label : Sound On Probation
Artiste(s) : Pylône

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