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Quattro - VA [par Freak Show Factor - septembre 2011]

Il y a peu, j’essayais d’expliquer ici même ce qu’était la daube produite par l’industrie du disque. La maison de disque, devenant une major, est passée du monde artistique à un monde mercantile. Du coup, les objectifs ne sont plus les mêmes. D’un côté, produire les meilleurs albums possibles, de l’autre, faire du profit comme n’importe quelle entreprise commerciale et industrielle. De ce fait, produire de la daube pour l’industrie du disque est devenu le moyen optimisé de faire du profit. Les techniques marketing sont au point et elles sont aussi efficaces pour les yaourts que pour la musique.

La daube, d’après cette définition, devrait donc être réservée à l’industrie. Que l’on soit bien d’accord : j’utilise ce terme parce que ce n’est plus de la musique. Je pourrais tout aussi bien utiliser le terme “produit à base de musique”, et la connotation péjorative qu’il y a dans cette appellation n’est là que pour dénigrer la pratique et non les produits issus de cette pratique. D’ailleurs, il peut même m’arriver d’apprécier de temps à autre un de ces produits comme on peut aimer déguster un bon yaourt aux fruits (comme je l’ai dit, le marketing est au point, et j’ai bien le droit moi aussi d’apparaître dans le cœur de cible).

Hélas, il existe un autre type de daube. Celle produite par les labels indépendants voir même underground. Cette daube est d’une nature nouvelle, je vous avertis, puisque, évidemment, il ne s’agit pas d’un produit étudié scientifiquement pour plaire au plus grand nombre. Mais sa caractéristique intrinsèque est la même : il s’agit de musique dénuée d’un quelconque intérêt artistique. Nous ne pouvons plus dès lors l’appeler musique. Nous l’appellerons donc “underdaube” (si, si, mettez y un accent allemand … ça le fait).

Si la pratique de l’industrie du disque est compréhensible, logique et même nécessaire pour sa survie, on ne comprend plus cette dérive, quand on se place au niveau d’un label indépendant dont la survie dépend au contraire de la qualité artistique de ses productions, laquelle créera sa légitimité, suscitera l’intérêt des passionnés qui, sur la durée, donneront leur confiance au label. L’underdaube n’est donc pas le fruit ni d’une stratégie, ni d’une quelconque politique commerciale ou artistique. Non, hélas, elle n’est engendrée que par la faiblesse de la direction, la plupart du temps, monocéphale, de ces petites structures. Mais cessons de théoriser et prenons un exemple pratique.

Quatro est un split de quatre projets portugais, signés par Thisco, un label portugais jusqu’ici tout à fait respectable (Mimetic, Merzbow, KK Null, Ultra Milkmaids …) et je vais dire deux mots sur ces quelques 68 minutes harassantes, bien que je ne sois qualifié que pour parler de musique, et j’avoue donc, ici, mon incompétence. Il en résulte qu’il ne pourra en sortir que dénigrement et railleries.

"Himalayha", par exemple, tartine de l’ambiant acoustique pour compile Nature & Découvertes. "Eletrolise" du pseudo space ambiant aussi spacieux qu’une feuille de papier. Et "Dream Metaphor" … (alors ça … c’est la dernière fois que je m’inflige un truc pareil) de l’heavenly ambient du pire mauvais goût (chanté faux, par-dessus le marché). A chaque fois que leur premier morceau démarre, j’ai envie de mettre le feu à mes baffles. Je rend grâce de ne pas être d’une nature impulsive et je me contente de zapper. La plupart des morceaux de "Eletrolise" et "Dream Metaphor" consistent à créer 4 mesures, et à les étirer sur de longues minutes. Trop longues. On décèle, en revanche, un véritable savoir-faire chez "Himalayha", et la compile relaxation est une branche aux réels débouchés qu’il devrait étudier sérieusement (si je peux me permettre de donner des conseils d’orientation tant que j’y suis).

Vous aurez noté qu’il en manque un à la liste de ce Quatro. Effectivement, "Vysehrad" n’est pas à mettre dans la même catégorie, et j’ai eu droit, miraculeusement, à 3 morceaux de musique véritable. Je ne pense pas que ce soit par un réflexe de survie que je me raccroche à cette electro-indus atmosphérique, mais bien parce que c’est subtil, intelligent, inspirant. Les morceaux progressent, se meuvent, se transforment. Ça vit.

Mis à part ce bienfaiteur, je suis consterné par ce Quatro que je me suis fait un devoir de chroniquer tout de même, bien que ce fut le prétexte pour mettre à jour un problème évident et insupportable. Mais le mystère reste entier. Comment un label underground en arrive à publier de l’underdaube ? La réponse est peut-être tellement évidente qu’elle m’aveugle. Reprenons l’énoncé du problème : Quatro est un split de quatre projets portugais, signés par un label portugais … non, non, vraiment, je ne vois pas. Peut-être pourrez-vous m’aider à résoudre cette énigme.

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