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Rope : Techouva [par Freak Show Factor - octobre 2012]

Un nom de projet qui veut dire “corde”. Un titre d’album dont la seule signification que j’ai pu trouver est un terme évoquant un processus de repentance dans la littérature rabbinique. Des photos d’un corps de femme nappé de ce qui semble être du pétrole. Quant aux morceaux, ce sont des noms commerciaux de fibres hautement résistantes créées en laboratoire, quasiment toutes issues de la même famille chimique des aramides et dont les brevets sont détenus par des maisons telles Du Pont de Nemours ou Teijin. Un rescapé luddite du Diktat et sa compagne (information non recoupée) s’unissent pour créer une musique sombre, oppressante et aérienne à la fois, épurée, semblant avoir été composée pour le live à 2 machines et 4 mains. Le tout signé sur OPN … et démerde-toi avec ça.

D’habitude je ne cherche pas trop à comprendre, préférant me concentrer sur mon seul ressenti … mais là, il faut bien l’avouer, ma curiosité est fortement attisée. Puisque l’on parle de corde, cherchons les liens : Rope et OPN : Le Diktat. Ok, ça c’est fait. Avec les fibres d’aramides, on tresse des cordes. Ces fibres sont issues de l’industrie pétro-chimique, d’où la référence au pétrole sur les photos. Et on peut penser que quand on est une multinationale travaillant dans la chimie et le pétrole, on a des raisons de se repentir (il n’y a qu’à lire le lourd passé de Du Pont De Nemours pour s’en convaincre). La corde représente-t-elle la chaine qui nous attache tous à notre outil de travail, c’est à dire le capital qui nous lie et nous asservit. Un lien lâche, tellement lâche que l’on n’en ressent pas l’entrave autour du coup, ce qui crée le mirage de notre liberté. Ou bien l’explication est-elle plus subtile et plus perverse ?! Difficile de faire maintenant le lien avec la musique, alors affranchissons-nous de ces données pour le moment.

La musique de Rope, parce qu’il s’agit de cela avant tout, est un serpent aquatique dessinant une sinusoïde dans l’eau froide. Vous êtes allongé au bord du cours d’eau, et le serpent vient vers vous. Vous sentez bientôt le chatouillement de sa langue dans la paume de votre main. Il rampe maintenant le long de votre bras. Traverse votre torse. Vous sentez ruisseler l’eau froide le long de vos côtes et les contractions de ses muscles sous les écailles. Il enlace maintenant votre gorge. Tandis que l’étreinte se resserre, vous éprouvez un genre de plénitude. De béatitude. Cette sensation se ressent surtout dans la 2ème partie de l’album, et est au paroxysme dans les fascinants 3 derniers morceaux.

Les vidéos bondage illustrant Technora et Vectran me mettent peut-être sur la voie. L’usage érotique de la corde comme source de plaisir. L’entrave pour s’abandonner à la jouissance. La soumission pour se sentir vivant. L’homme se mentirait-il quand il clame sa volonté de s’affranchir pour retomber à chaque fois dans une forme d’asservissement, source paradoxale de son bien-être ? Est-ce notre nature d’être esclave ? Et est-ce que notre soumission augmente à mesure que nous avons la sensation de nous libérer ?

Soyez pour une fois votre propre maître (ou maîtresse) et infligez-vous cet album. Fermez les yeux et expérimentez ce voyage par reptation. Tentez enfin de comprendre votre propre déviance.

URL : http://www.opn.fr/
Label : OPN

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