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Evénements

S.H.I.Z.U.K.A. un haut fourneau dans la tête - live (Les Forces Allièes) [par Havoc - février 2011]

Ce live de S.H.I.Z.U.K.A. démontre une fois de plus le talent de la scène underground de l’Est de la France, cette suite de titres inédits a été enregistrée lors du festival Un Haut Fourneau Dans La Tête à Serémange (Lorraine/France) en novembre 2009.

S.H.I.Z.U.K.A. c’est un nom qui sonne comme un gâteau japonais ou chinois, sa musique semble venue d’Asie avec des harmoniques fantomatiques, des drones métaphoriques et des rythmiques telluriques et concassées.

Depuis la sortie de son premier album, sur Parametric en 2005, nous avions peu de nouvelles d’Antony Dokhac et cet enregistrement live tombe à point pour remettre les pendules en termes d’electronica industrielle. A l’écoute attentive de ce live j’ai la confirmation que nous avons à faire à un artiste majeur qui faute d’être prolifique réinvente sans cesse son propre univers, partagé entre nappes glaciales et breakbeats chauds comme la braise des hauts fourneaux !

L’artiste est discret, un peu trop si je me fie au ramdam cacophonique que font d’autres musiciens 100 fois moins intéressants que lui, mais Anthony a le mérite d’être constant, distillant ses tracks à travers des compilations éparpillées sur divers labels. Il nous avait d’ailleurs gratifié, en 2007, d’un morceau avec Twinkle pour le 1er volume de la série Electronic Manifesto démontrant, par ce seul track, l’identité très personnelle de sa musique comparée à celles des sempiternels tâcherons de l’EBM qui essayeront toute leur vie de réécrire "headhunter" ou "der mussolini" sans la flamme.

S.H.I.Z.U.K.A. lui regarde ailleurs, il se voit neurochirurgien de nos synapses, pénètre nos consciences, tritures nos neurones pour en extraire les pensées les plus tordues à l’instar du décor planté par le serial killer dans le film The Cell.

Ce live, fort bien enregistré sur console, s’écoute d’une seule traite en position allongée. Chacun de ces titres entreprend un voyage dans l’histoire de l’electronica du label WARP nous faisant zigzaguer à travers la discographie d’AUTECHRE, APHEX TWIN ou SQUAREPUSHER tout en ayant sa propre vie insectoïde qui s’immisce dans les interstices des rhizomes chers à Gilles Deleuze.

A une autre époque, plus faste pour les petits génies, cet album live aurait pu paraitre sans problème sur des labels comme Mille Plateaux, SubRosa, Warp évidemment, et beaucoup d’autres lieux de culte pour musiciens futurico-autistiques de la trempe d’Anthony Dokhac. Mais nous sommes en 2011 et l’electronica contemporaine s’est départagée en deux courants opposés : l’ambient/field recording qui passe en fond musical dans des musées a/vides d’images sonores et l’electronica star wars représentée par la clique Tympanik Audio, Spectraliquid, Signifier qui ne ce sont jamais remis des albums de Gridlock et Lassigue Bendthaus.

S.H.I.Z.U.K.A. est ailleurs, dans des sphères saturées d’opium et d’ondes graphiques qui rendraient fou n’importe quel martien essayant de communiquer avec nous via les radio télescopes du projet S.E.T.I.

Mais soyons honnêtes, l’univers musical de cet artiste mérite qu’on s’y plonge sans se prendre la tête avec telle ou telle référence, sans a priori stylistique, avec juste ce qu’il faut d’ouverture vers l’abstraction qui prendra très vite la forme d’une rave brain dance. Une parfaite introduction pour le concept du "danser allongé" que tout yogi imbibé de THC se doit d’expérimenter.

Je connais très peu de gens qui savent vous faire voyager de cette façon, hormis JON HOPKINS ou CLARK et dans un domaine plus balisé NOSAJ THING, MONDKOPF ou les regrettés TELEFON TEL AVIV, les armées d’électroniciens du cerveau se sont réduites à portion congrue ces temps ci, ça tombe bien : l’espace se réduit autour d’Anthony Dokhac et de son projet S.H.I.Z.U.KA, il est temps pour lui de virer son masque de laborantins et tel le chimiste de Breaking Bad, de faire exploser sa molécule sonore et d’étendre sa puissante drogue musicale au reste du monde.

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Artiste(s) : shizuka

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