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Evénements

Serial Industrie – L’Enfer [par Phllox - décembre 2011]

L’Enfer est pavé de bonnes intentions.

Cette expression précise de manière critique, qu’au-delà des intentions, aussi louables soient-elles ; seuls les actes concrets comptent. Et oui, l’Enfer, cette pièce crée et interprétée par Serial Industrie se joue en 4 actes, ou plus exactement sur 4 paliers.

Sorti en Septembre 2011 sur le Netlabel Connexion Bizarre, l’Enfer était à vrai dire prévu en décembre ... 2009. Et c’est à marche forcée que Ferdinand Legendre a dû, à la suite du split de son groupe, repenser intégralement ses compositions et substituer à la chaleur et l’humanité des violons originellement prévus, la voix et le fado de Maria de Lurdes. Au delà de ce choix créatif original, notons que Mickael Mergui vient une fois de plus apporter sa précieuse contribution, sciant ses fers sur le 4ème palier.

Ceux, qui croisent la route de Ferdinand Legendre, peuvent y déceler un personnage haut en couleurs, bouillonnant, passant à l’excès de la musique, à l’écriture, à la vidéo, de la peinture corporelle, au chant, voire au go-go dancing torse-poil au fond d’une obscure cave parisienne. Cette vision quasi extatique, je l’ai souvent eu. Mais l’écoute de ses compositions m’a toujours laissé entrevoir une autre profondeur, faite de douleurs, de blessures, de mal-être, et de nostalgie.

L’Enfer transpire de cette noirceur.

Dès le 1er Palier, nous voilà plongés, non sans douceur et retenue, dans une ambiant initiatique, d’une beauté sombre, faite de tristesse et d’abandon. Si les spoken words de Maria de Lurdes restent selon moi dispensables, son fado, soutenu par quelques notes d’un piano saturé viennent renforcer la profondeur du ressenti et pour le coup, j’aurais vraiment aimé en entendre un peu plus. Certes le 2nd palier vient prolonger l’expérience et ce sentiment de perdition pour exploser en une représentation d’un acte réprimé : mécanique, humide, étouffée, comme la perception lointaine d’un monde extérieur depuis les tréfonds du ventre de sa mère. Une histoire que l’on a tous entendu, il y a si longtemps ; mais dont les réminiscences viennent nous toucher peu à peu.

La vérité aussi subjective soit-elle, nous est révélée progressivement à partir du 3ème palier, assez contemplatif, distancé, en forme de point de vue éblouissant sur le monde. J’y retrouve le territoire organique et l’élégance de certaines compostions qui par le passé m’avaient particulièrement touchées. Et le piège est bien là (on parle toujours de la beauté du Diable) : les portes de cet Enfer se referment à nouveau donc sur un 4ème palier, un univers lancinant, désincarné, angoissant ou seul l’oubli de soi subsistera.

De cet Enfer, je retiendrai un sentiment de bien-être, comme s’il s’agissait d’une quête, d’un refuge, donc peu propice à la rédemption. Salva mea.