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Evénements

Sonic Area – Madness and Miracles EP [par Epoque - novembre 2013]

A bien des égards, Arnaud Coëffic a.k.a. Arco Trauma est un « personnage ». La notion de « personnage » est d’ailleurs au centre de son processus créatif, comme nous allons le voir un peu plus bas ; mais j’aimerais d’abord revenir brièvement sur ses précédentes productions. En effet, l’EP dont je vous parle aujourd’hui vient s’ajouter à une œuvre particulièrement complète, qui ne cesse de s’étoffer depuis 1997.

Avec Explore (2007), Arco surprenait déjà par la variété et la richesses de ses différents morceaux. Le titre d’ouverture « Que les larmes me viennent » évoquait le meilleur du Dark Hip-hop atmosphérique façon Dälek alors qu’un morceau comme « les caresses du serpent » développait une trame plus expérimentale aux sonorités ethniques.

Mais cette agréable hétérogénéité n’empêchait pas l’album d’être parfaitement cohérent dans son ensemble, et il subsistait après écoute, comme son titre le laissait supposer, la sensation d’avoir accompli un véritable voyage sonore.

A coté de ça, Arco multipliait les prestations scéniques remarqués, en concert ou dans des festivals, enchantant les auditeurs. J’ai moi-même connu un moment bouleversant avec son morceau « Nous n’avons pas d’autres choix » qui encore aujourd’hui me fait « venir les larmes » tant il incarne tout ce que j’ai toujours aimé, et que je ne cesserais d’aimer dans cette musique. Les vagues de sons qu’envoie Arco en live sont tétanisantes, violentes et elles sont à l’image de la puissance d’Audiotrauma, le label co-fondé avec Syco Trauma.

Plus qu’un virage, c’est plutôt une lente métamorphose que le projet va subir alors peu à peu. Au travers des lives et de l’album Phénomédia avec Punish Yourself (2010) et de son récent Music for ghost (2012), musicalement, Sonic Area se fait moins expérimental mais va vers une théatralisation de ses ambiances .

A l’image de cette dernière, on retrouve l’idée de personnage dans ses lives récent, où il incarne une forme de chimérique incarnation cauchemardesque (si, si) masquée qui vient littéralement faire corps avec les sons qui accompagnent son sinistre ballet.

Fort de ces expériences visuelles et sonores, Arco revient aujourd’hui, donc peu de temps après, avec cet EP nommé Madness and Miracles. A l’image de la richesse de son parcours, cette nouvelle oeuvre propose quatres titres complètement differents, quatre ambiances uniques dont je vais vous parler un peu.

La plage d’ouverture, "The Moonlight Express", épouse complètement l’idée de « mise en scène », les sons se dessinent au cœur d’une fresque progressive particulièrement cinématographique. Une tension palpable en émane, entrecoupée d’accalmies du plus bel effet. On imaginerait presque ce morceau composé par un Hans Zimmer "Audiotraumatisé" tant le tout fait furieusement penser à la mémorable bande original de The Dark Knight. Je ne serais pas étonné de retrouver ce premier morceau en introduction d’un futur concert.

Le second morceau est pour le moins surprenant. On trouve ici un savant mélange de percussions tribales et d’ambiances ethniques sur fond d’implacables rythmiques, qui évoquent autant Twinkle (à quand un nouvel album, bordel !) que le This Morn’ Omina de la belle époque Le Serpent Blanc – Le Serpent Rouge. On retrouve la dimension épique du précédent morceau, la puissance du synth-lead venant gorger ce « Sacrifice for Sun » d’une essence mélodique formidable, emportant l’auditeur dans un rituel « substance » jouissif. Pour le coup, ce morceau en est, du coup, beaucoup trop court ; même si il est préférable de terminer sur une bonne frustration que sur une mauvaise lassitude, on aimerait que l’expérience se prolonge un peu.

« The Abandoned Nautilus » tranche à nouveau complètement avec ce qui précède en délaissant rythmiques et épiques élancés au profit d’une plage « ambient » qui embarque l’auditeur dans un voyage vers les profondeurs aquatiques. Si l’on suit les thématiques de Sonic Area et que l’on tend l’oreille, ce morceau évoque plus à mon sens le claustrophique « Bioshock », œuvre vidéoludique marquante qui présentait une cité « distopique » en ruine, au fin fond des mers, que le film de Richard Fleischer (encore que la vision chimérique et effrayante du Nautilus dans ce dernier rejoindrait le thème de « l’apparition » que l’on retrouve dans le précédent album).

Le voyage est donc encore une fois au cœur du sujet ici, mais qu’en est-il du dernier morceau ?

Depuis que j’écoute les productions Audiotrauma (cela commence à faire un petit bout de temps, mine de rien) j’ai une exigence à chaque parution. Il me faut, sur chacun de leurs albums, au moins un morceau qui se présente comme le traumatisme auditif (dans le bon sens du terme) justifiant l’appellation du label.

Des morceaux dans la veine de « Nous n’avons pas d’autres choix » ou encore de l’incroyable « Once more unto the breach dear friends » présent sur Music for Ghosts.

« Sirens in the sky » est de cette trempe là.

Il est ce genre de « trip » sonore qui grille les neurones et aromatise l’esprit, un vrai « fix de son », qui ne péchera, encore une fois, que par sa courte durée.

Que l’on connaisse ou pas Sonic Area, on a toutes les raisons de se pencher sur cet EP. Le Néophyte y découvrira une très bonne synthèse de l’oeuvre d’Arco, variée et riche, démontrant très clairement toutes les possibilités de ce projet, là où le fan invétéré retrouvera avec plaisir les ambiances qui lui sont chères, les puissantes envolées lyriques et les thématiques profondes de ce grand musicien.