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"Torment" - JeFF [par Janet Vice - octobre 2011]

Un album comme Torment de JeFF Maurer ne s’appréhende pas avec évidence et sans y prêter une oreille attentive. Composé de 6 titres aux durées plutôt inégales (de 5 à 13 minutes par morceau), ils ont ceci en commun que chaque titre met énormément de temps à se mettre en place. Très progressifs et extrêmement répétitifs, cela pourra en agacer certains, tandis que d’autres crieront au génie.

"Répétitif" c’est parfois le terme exact de ce que certains qualifient de "psychédélique" en musique. En ce sens, l’album de JeFF Maurer est très psychédélique. Mais heureusement, pas qu’en ce sens. De nature ambiant et industriel, Torment retentit comme un album expérimental. L’expérimentation d’abord, des sonorités, originales et recherchées, soignées, étudiées, façonnées. JeFF mêle des sons très artificiels à d’autres quasi organiques. Je pense notamment à la batterie de An insect in the Head ou au piano de Housefly. L’un comme l’autre sonnent à la manière d’instruments réels, comme l’interpréterait un batteur ou un pianiste. Le traitement de la batterie a ceci de remarquable qu’elle est brute et martiale, avec une caisse claire et des cymbales clairement mises en avant, ce qui est vraiment rare dans ce style de musique. Il en résulte une mélopée à la fois douce et crue.

Cette volonté d’incorporer des sons dits "naturels", c’est-à-dire ne semblant pas être retravaillés électroniquement, ne s’arrête pas au traitement de certains instruments. L’auditeur est amené à découvrir divers clapotis, glouglous et autres petits entrechoquements de cailloux et d’objets métalliques, au milieu des longues nappes de synthé poussiéreuses et distordues. La majorité des morceaux contient de la voix, souvent mise au second plan, à travers des choeurs gutturaux très mystiques, étouffés et retouchés, parfois difficilement perceptibles. Cette tendance est nettement prise à contre-pied dans Psychocircle, unique titre où la voix n’est pas traitée comme un instrument mais comme ambassadrice d’un message ; donc mise au premier plan et intelligible.

Cette abondance de sonorités et la diversité de leur traitement constituent la richesse de cet album. Si la montée en intensité est lente, parfois difficile, voire totalement décourageante et matière à abandon pour certains auditeurs, le climax de chaque morceau en est d’autant plus appréciable et constitue chaque fois un tour de force en terme d’imbrication sonore. Dans Torment, JeFF Maurer articule sampling, rythmiques et mélodies disparates tout en observant une grande musicalité… un peu à la manière d’un jazzman qui jouerait de l’ordinateur, la redondance ajoutée.

URL : http://www.altsphere.com

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