• Tu veux rencontrer des gens, te faire des amis, 3615 ma life
    C'est par ici >>
  • Vous souhaitez annoncer une soirée, un événements
    C'est par ici >>
  • Vous souhaitez nous faire parvenir une démo
    c'est par ici >>
  • Axess Code
    2 impasse des bartavelles,
    lot n°3,
    les cressantines,
    34920 le cres- France

Evénements

Usher-san & HIV+ [par Epoque - janvier 2014]

Chroniquer un album, dont la moitié artistique se trouve être Pedro Peñas y Robles c’est se préparer psychologiquement à ce que cela fasse jaser, si critiques il y a. Mais cela ne doit pas être un frein, au contraire ; il est bon que nous parlions de musique, il est bon que ne soyons pas d’accord, que nous débattions, malgré les débordements ; cela permet, quelque part, de garder cette scène en vie.

Ces derniers temps, Monsieur HIV+ est particulièrement actif. Entre les enthousiasmants projets de compilations, les émissions de radio diffusées sur l’Eko et ses trois projets musicaux (respectivement USHERSan & HIV+, Adán & Ilse et Fluxus) certains se demandent comment il trouve le temps d’avoir une vie à coté.

L’album dont nous parlons aujourd’hui se nomme Wide Lights From Hatred Springs, il est le fruit de la collaboration de Pedro et de Anthon Shield (a.k.a. Usher), rencontre entre deux anciens qui, chacun à leur manière, ont marqué la scène que l’on qualifiera plus ou moins grossièrement de « Dark ».

Le premier élément marquant, ce sont les grosses carences au niveau des voix. Parfois noyées dans les effets, parfois n’en bénéficiant pas assez, elles sonnent surtout régulièrement faux, et nuisent par moment à l’immersion. Je me devais le mentionner car c’est vraiment ce qui m’a sauté aux oreilles en premier lieu.

Dans l’ensemble les premiers morceaux manquent de punch, le tout n’est pas inintéressant, spécialement lorsque l’on se penche sur les sonorités s’articulant autours de l’ossature rythmique générale ; mais le tout manque cruellement de profondeur.

Le début de l’album me laisse sur ma faim, même si le phrasé agressif et subversif de « Adrenalina » fonctionne assez bien. Je ne parviens à m’enlever l’impression que l’enthousiasme généré par les auteurs du projet les a plongé dans une fièvre créatrice toute adolescente, au détriment parfois de la qualité. C’est inspiré, certes, mais bancal.

Il me faudra attendre « Le Train Fantôme » pour me sentir concerné par ce que j’entends, et, pour cause, ce morceau suinte le HIV+ de mon adolescence (n’interprétez pas mal cette phrase s’il vous plaît). On retrouve ce qui faisait le charme du très puissant Rotten Beat Manifesto et du profond et mélancolique Hypnoise Movement & Harshs Ironworks (que j’avais eu la chance de me faire offrir par l’intéressé en 2005), une répétition léthargique, mentale, qui sonne au creux du corps et qui ouvre l’âme, de la vraie musique en somme, du bruit éduqué comme j’aime à le nommer.

« Nation is Murder » reste dans cette veine, même si l’on retrouve un peu la teneur des premiers morceaux de l’album. Il est plus riche, les vocals fonctionnent mieux, c’est bruitiste et intéressant, nettement plus convaincant en tout point.

Malheureusement, sur « United », je suis à nouveau agacé par ces voix qui tombent complètement à côté, et qui m’empêchent d’apprécier la musique. Je crois sincèrement que trouver un ou une vrai(e) chanteur(euse) pour ce projet serait un atout considérable. Ces voix seront (heureusement pour ma part) moins présentes sur les deux versions d’« Anti-Venus » qui ne manquent pas de cachet, et sont à nouveau plus proche de la recherche sonore des anciennes productions de Pedro en terme de richesse. Même si le tout est plus doux, plus ambiant, c’est loin d’être désagréable.

Les titres originaux présents sur cet album m’ont laissé un avis plus que mitigé, il me fallait à présent me pencher sur les différents remixes additionnels, composés par des artistes qui ne me laisse habituellement pas indiffèrent.

Je suis toujours preneur par exemple des projets de Dirk Ivens. La présence d’Absolute Body Control à l’ouverture des remix m’a donc immédiatement enthousiasmé. Comme prévu, la magie opère, sans fioritures ; le morceau progresse en respectant le produit original (« Adrenalina »), avec humilité. L’effet sur la voix fonctionne (je pense que l’espagnol est clairement une voie à creuser) et finit par s’émanciper un peu sur la deuxième partie du morceau. En proposant une trame mélodique tout à fait charmante et une structure qui avait déjà fait ses preuves sur leur sublime remix du « Dead Market » de Haujobb il y a déjà bientôt deux ans (une de mes premières chroniques ici), les Belges font le boulot, une réussite.

Mais mon coup de cœur de l’album reste clairement l’incroyable remix de « Nuevo Siglo » que propose Radical G. Ne connaissant pas du tout le projet, j’ai été particulièrement surpris de découvrir ce détonant produit dancefloor aux allures de montée de trip. Evoquant notamment le très bon Gesaffelstein ou encore, par certains aspects, la période Sexplosive Locomotive d’un certain groupe fluo que certains connaissent bien ici, je ne lui reprocherais que le traitement de son kick, très Medium/Aigu, qui, s’il avait été plus lourd, aurait pu apporter une dimension « Ultra Badass » supplémentaire à ce titre, lequel reste un sautillant tube, calibré pour une bonne petite soirée Armageddon.

Des deux remixes de Normotone, je ne retiendrai que l’élégant « Heaven », ballade electronica,organique et expérimentale, à déguster les yeux fermés, sa version de « Adreanalina » (le nom change selon les remixes) n’apportant à mon sens, rien de neuf.

Il est aussi question d’expérimental sur l’ultime morceau de ce disque, mais la version de Marc Hurtado était pour le coup, beaucoup trop mystique pour moi, je suis complètement passé à coté.

De ce Wide Lights For Hatred Springs je retiendrai donc une curiosité coupléé à une sentiment de déception vis-à-vis des morceaux originaux.

Les auteurs gagneraient sans nulle doute à prendre plus de temps, à trier plus leurs différentes productions, à ne garder que les meilleurs titres. Je me consolerai avec des versions revisitées, lesquelles sont, dans l’ensemble, de bonne facture en me disant que Pedro & Usher feront sûrement mieux la prochaine fois, prochaine fois qui risque d’arriver assez vite si l’on en suit l’actualité de ce projet.